Leila Meacham - La plantation

Caroline du Sud, avant la guerre de Sécession.

Privé de son héritage, Silas Toliver s’associe à son meilleur ami, Jeremy Warwick, pour monter une expédition ferroviaire vers un nouveau territoire portant le nom de Texas. Jessica, fille d’un riche propriétaire terrien, a caché un esclave fugitif. Son père veut la marier avec Silas pour sauver l’honneur de sa famille.

Amour, mariages, amitié, trahison, tragédie et triomphe, tous les ingrédients qui ont fait le succès des Roses de Somerset sont là, avec en toile de fond l’esclavage et son abolition, la découverte de l’Ouest, la guerre de Sécession.

 

Mon avis:

 

Silas est un homme désabusé par la décision de son père de ne rien lui léguer à sa mort. Désireux de se construire par lui-même, il projette avec son ami Jeremy de quitter la Caroline du Sud pour se rendre sur un nouveau territoire à conquérir, le Texas. Mais l'argent manque et Silas est pressé. Il cherche un moyen de financer son expédition qui emporterait avec lui la femme de sa vie ainsi que son fils (né d'une première union), mais aussi des dizaines de personnes désireuses de vivre leurs rêves. L'argent va lui arriver d'une façon pas banale: Carson Wyndham, un riche propriétaire, lui propose de le financer à la seule et unique condition qu'il épouse sa fille Jessica. Cette dernière est une abolitionniste qui a "trahi" sa famille en entrant dans un réseau clandestin permettant aux esclaves de partir. La honte s'étant abattue sur sa famille, Carson n'a d'autres choix; et Silas est un bon parti. Obnubilé par sa future plantation, Silas accepte le terrible marché, fait souffrir celle qu'il aime et entreprend son long périple. Seulement, lui comme Jessica éprouvent rapidement des sentiments l'un pour l'autre. De véritables sentiments qui vont perdurer des années durant et voir naître enfants et petits-enfants. Malheureusement, en acceptant ce marché, Silas craint d'avoir apporté une malédiction sur sa famille...

 

Avec ce roman, Leila Meacham ne nous raconte pas seulement l’histoire de Silas et Jessica, mais aussi celle d'un pays qui subit la guerre, voit des évolutions (positives ou négatives), ... le tout au travers de plusieurs générations de Toliver, Warwick et Dumont.

 

Pourquoi ce roman ? Tout simplement parce que j'aime les sagas familiales ainsi que la période. J'ai refermé il y a peu Autant en emporte le vent, si bien que j'ai attendu quelques semaines avant de plonger dans La plantation, mais le XIXème siècle est un siècle riche en évènements aux États-Unis, j'étais donc curieuse de lire ce roman ! Celui-ci s'ouvre sur l'année 1835, sur une région prospère qui vit de la récolte du coton notamment grâce aux esclaves. Et nous allons poursuivre notre lecture jusqu'en 1900, laissant nos héros en proie à la guerre de Sécession, aux conflits financiers, aux doutes, aux évolutions technologiques. Un siècle, comme on peut le constater à la lecture de La plantation, qui a vu le monde se modifier presque radicalement.

 

Cependant, tout ceci n'est pas le sujet du roman. Certes l'esclavage est plus qu'évoqué puisque c'est en voulant l'abolir que Jessica se retrouve exilée, mais il est davantage mis l'accent sur l'égalité entre les blancs et les noirs. La meilleure amie de Jessica n'est-elle pas une personne de couleur noire ? Et Silas ne propose-t-il pas à ses esclaves de cultiver leurs propres terres ? Finalement, les évolutions de la société servent davantage de support à l'auteure puisque celle-ci a aussi misé sur le fait qu'en s'unissant, Silas et Jessica unissaient des opposés (lui est adepte de l'esclavage, elle non).

 

Ce qu'il faut suivre (et oui, j'ai bien dit suivre car le nombre de génération est grand !), ce sont les histoires de tous nos protagonistes. Plus je voyais les années défiler, plus j'avais peur de m'y perdre !! Mais non, finalement je suis parvenue à ne pas m'emmêler les pinceaux et chacun est resté à sa place ! Je ne vais pas trop entrer dans les détails, cela serait fastidieux et surtout, ça casserait le plaisir de la découverte, mais j'ai trouvé très intéressant de suivre un petit groupe d'amis qui s'est développé au fil des ans. Certains ont connu le succès rapidement, d'autres non; et malgré cela, ils sont restés souder, comme le seront leurs fils et leurs petits-fils. Une belle histoire en somme ! Avec tous ces personnages, on peut se demander si on a le temps de s'attacher à l'un ou à l'autre ? Eh bien oui, pour ma part j'ai beaucoup aimé le couple Jessica/Silas: adorables au début, touchant à fin. Et puis, il y a des personnages auxquels il vaut mieux ne pas s'attacher parce que tous ne resteront pas jusqu'à la fin...

 

Le seul point qui m'a un peu dérangée dans ce roman, c'est le timing quasi parfait. Je m'explique: les couples désirent des enfants, ils les obtiennent sans problème (sauf une personne, mais chut !), à chaque génération, né un enfant (et pour ainsi dire, que des garçons, ce qui est magnifique car l'époque veut des héritiers) qui a donc le même âge que son futur meilleur ami et qui reproduit ainsi le schéma de base. Cet aspect trop facile m'a un peu perturbée car je le trouvais justement trop facile et trop... beau ? Mais si l'on excepte ce détail, les histoires sont toutes superbes à suivre.

 

Leila Meacham possède une belle plume, une plume qui lui a permis d'écrire ce superbe roman. Constitué de quatre parties, j'ai été surprise par le nombre de chapitres: 99. De courts chapitres qui permettent de rythmer agréablement le récit. Si le roman couvre soixante-cinq années de vie, nous ne passons pas une année par chapitre; il faut s'attendre à faire parfois des sauts de plusieurs années. Là encore, on ne peut s'ennuyer puisque le rythme est assez soutenu.

 

Bref, vous l'avez compris, c'est un très beau roman qui intéressera surtout les passionnés des grandes sagas familiales (ce qui inclut des bonheurs, des malheurs, quelques trahisons), des belles histoires d'amour et d'amitié, le tout sur fond historique.

 

Un grand merci aux Éditions Charleston pour cette très belle découverte :-)

 

Note: 16/20

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